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ECRIRE et PARTAGER
tels sont les objectifs de l’atelier ECRITURE CREATIVE.

ECRIRE, c’est ce que vous ferez, dans un espace privilégié, en toute liberté, à votre rythme, sans contrainte et sans complexe. Vous laisserez vagabonder votre plume ou courir vos doigts sur le clavier au gré des propositions originales qui vous seront présentées !

PARTAGER, c’est ce que vous ferez naturellement en proposant vos textes, en recevant  retours et commentaires variés, sans jugement de valeur ou compétition d’aucune sorte. Vous pourrez de même adresser critiques ou félicitations aux membres de l’atelier avec bonne humeur et convivialité.

undefined S’encourager, se stimuler pour améliorer nos écrits, s’entraîner, s’entraider dans l’aventure des mots  et dans l’univers magique de la création, tel est  le superbe voyage de l’esprit et du verbe qu’ECRITURE CREATIVE  vous propose d’entreprendre.

  

Lundi 5 novembre 2007

 

Uriel demeura de longues heures à contempler cette surprenante activité. La ville grandissait au fil des mois et les cultures s’étalaient au rythme d’un défrichement frénétique.
Uriel sentait la menace s’approcher de lui de jour en jour. Il s’isola de longues semaines dans la montagne n’emportant avec lui que le fameux manuscrit relatant la légende des deux jumelles de Byzance. Les nuits dans la jungle, disparaissant presque dans un tourbillon de moustique le corps enduit d’une substance répulsive, la tête couverte de son fameux foulard mauve il se tenait assis en tailleur sous un arbre géant son épée bleue pulsant légèrement entre les lianes. Les redoutables fourmis le contournaient saisies d’une crainte surnaturelle et les serpents s’enroulaient à son cou pour somnoler doucement jusqu’à l’aube.
Plongé dans un profond délire Uriel se battait contre des forces titanesques. Il commandait un immense voilier cinglant vers les pôles traversant les draperies d’aurores boréales et chaque nuit parvenait à franchir un nouvel obstacle sur le chemin du palais de givre.  A présent il entrait en contact visuel avec les deux jeunes filles. Dans cette prison de lumière le temps suspendu par le gel dérivait lentement circulaire : rien ni personne ne vieillissait depuis des siècles.
Uriel avait donc repris sa quête. Il sentait que le salut ne pouvait provenir que d’Euxane et d’Eudoxie. Lorsque le prêtre vénitien lui avait offert ce manuscrit et un miroir de Murano,  Uriel  venait de sauver la vie de cinq  naufragés accrochés en pleine mer à un mat de misaine.
Ce présent lui sembla bien insignifiant, et durant de longues années les deux objets demeurèrent au fond de sa malle de pirate.
Mais une nuit en pleine mer son épée magique brillait plus que de coutume. La lumière était si violente qu’il fut réveillé et perçu  une mélodie étrange, un air pentatonique venu des Andes ou de la Chine mais joué  à s’y méprendre sur un ocarina, un petit ocarina en terre cuite. Uriel se releva dans la nuit et guidé par la musique s’approcha en titubant de l’endroit d’où provenait le filet de musique. Il se trouva devant son coffre de marin recouvert de ses vêtements. De la pointe de l’épée il fit glisser ses hardes et souleva précautionneusement le couvercle cerclé : la musique se tue. Se penchant il aperçu tout d’abord un visage de fille, le plus délicieux visage de fille qu’il ai vu de longtemps. Les cheveux très légèrement auburn finement frisés encadraient les traits les plus purs. Deux yeux verts splendides scrutaient la noirceur épaisse de la cabine d’Uriel. Ils exprimaient un intense étonnement. Uriel se pencha vers la jeune femme mais soudain celle-ci se jeta en arrière et disparu.

A cet instant de l'autre côté du monde, au royaume de Borée, toujours recluses derrière ses falaises de glace, deux jeunes filles se contemplaient dans un miroir magique. Dans l'eau profonde de ce miroir, les belles apercevaient les fugaces reflets des temps qui avancent. Au cours des siècles les visions se faisaient de plus en plus énigmatiques et inquiétantes. Ce jour là Euxane et Eudoxie furent effrayées de découvrir la face d'un être à la peau sombre aux
yeux clairs comme l'eau des fjords  à la longue chevelure blonde. 
Eudoxie qui le vit la première poussa un cri d'effroi, mais sa soeur plus hardie s'emparant du miroir dévisagea longuement l'homme au regard de brume et soutint son regard de sauvage. Ainsi du fond des siècles deux jeunes prisonnières venaient de retrouver l'espoir d'une
complicité. Au début les jeunes échangèrent par le regard car le petit miroir ne permettait que d'encadrer les visages. Bien vite Uriel retrouva le don de parler en esprit, don qui s'était émoussé au contact des équipages dépareillés qu'il avait commandé.
Uriel tournait en rond en mer des Sargasses, en panne de vent favorable, et sa nervosité grandissait. Il s'enfermait dans sa cabine et passait tout son temps à interroger le miroir pour tenter de découvrir le moyen d'atteindre le royaume des glaces. Il se souvint alors du manuscrit et entrepris de l'extraire de la malle. Uriel n'avait jamais trouvé beaucoup d'agrément à la lecture. Il éprouvait même une réelle aversion pour la chose écrite l’écrit. Il méprisait les clercs et tous ceux dont les connaissances proviennent des livres.
Mais il se souvint que l'ouvrage démantibulé que les rongeurs avaient miraculeusement épargné était comme le miroir, un don du prêtre.
Il posa l'ouvrage sur son bureau et ne se décida à soulever la couverture qu'au bout de longues heures de lutte intérieure. Enfin il ouvrit les premières pages ornées de chiffres mystérieux et parvenu au début du texte commença la lecture de l'imposante somme. Plus de 800 pages écrites très serrées en latin. Uriel avait avec lui l'esprit saint qu'il le mérite ou non. Le don des langues lui avait été donné par surcroît à sa naissance divine là-haut au Paradis persan où résident tous les anges noirs ou dorés.
A peine eut- il parcouru quelques lignes qu'il fut pris de vertige et sombra dans l'abîme. Son quartier maître manchot le découvrit affalé sur le bureau endormi au milieu de l'ouvrage : 8 tours de veille s'étaient écoulées et les hommes d'équipage n'avaient pas osé venir voir ce qui se tramait, les colères d'Uriel étant redoutables comme un coup de tabac.
Uriel se transformait au gré de sa lecture. Il donna des ordres à l'équipage pour gagner la côte. Durant six mois il fit regréer le navire. Le modifia de font en comble, l'allégea tout en l'armant de manière redoutable. Il congédia les moins déterminés de ses hommes et refit le rôle intégralement.
Un matin de printemps il fit appareiller vers le nord. Nul à bord ne connaissait le but ou la destination du Whirlpool…

par Ecriture Créative publié dans : Textes des auteurs
 
 
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