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ECRIRE et PARTAGER tels sont les objectifs de l’atelier ECRITURE
CREATIVE.
ECRIRE, c’est ce que vous ferez, dans un espace privilégié, en toute liberté, à votre rythme, sans contrainte et sans complexe. Vous laisserez vagabonder votre plume ou
courir vos doigts sur le clavier au gré des propositions originales qui vous seront présentées !
PARTAGER, c’est ce que vous ferez naturellement en proposant vos textes, en recevant retours et commentaires variés, sans jugement de valeur
ou compétition d’aucune sorte. Vous pourrez de même adresser critiques ou félicitations aux membres de l’atelier avec bonne humeur et convivialité.
S’encourager, se stimuler
pour améliorer nos écrits, s’entraîner, s’entraider dans l’aventure des mots et dans l’univers magique de la création, tel est le superbe
voyage de l’esprit et du verbe qu’ECRITURE CREATIVE vous propose d’entreprendre.
Il me semble que c’était sa première fois. En tout cas ce fut la mienne. Ce fut aussi ma
dernière.
Il m’aimait. Alors bien sur, je n’ai d’abord pas compris quand je l’ai vu pleurer. Il était mon
amour et j’étais le sien, alors pourquoi pleurer ?
Bien entendu, il faisait ce qu’il avait à faire et je comprenais cela parfaitement
bien.
Je m’en voulais tant de ne pouvoir sécher ses larmes. Serais-je un jour la femme qu’il méritait
d’avoir, celle qui saurait l’entendre, le comprendre, celle qui préviendrait ses détresses ?
Mon tendre amour je suis à toi, toute à toi, possède moi, demain sera meilleur, mais pour ce
soir mon amour, je comprends tout.
Il pleurait encore, il pleurait tant. J’ai fermé les yeux, ses larmes me blessaient. Plus il
pleurait, plus je souffrais, plus je saignais. J’ai cessé de voir, mes yeux ne sont plus ouverts.
Plus tard, dans l’ambulance qui m’emmenait, j’ai tenté de leur dire, à tous ces gens en blanc,
que c’était la première fois qu’il me battait mais qu’il n’y était pour rien, qu’il était atrocement, éperdument malheureux et qu’il fallait le comprendre. Je n’ai pas pu le leur dire,
j’entendais juste de drôles de bruits dans ma mâchoire et un drôle de goût métallique me gênait. L’envie pourtant de hurler ma douleur était insoutenable. Pas la douleur de ma chair, mais la
douleur de mon être cher ; la douleur de l’avoir entendu partir, menotté, entre deux policiers, de n’avoir pu rien faire pour les empêcher, pour leur expliquer qu’il ne méritait pas ce
traitement. Je pensais qu’il fallait vite que je récupère pour le sortir de ce guêpier.
Je suis morte dans l’ambulance avant d’arriver aux urgences. Je crois avoir entendu que c’était
d’une hémorragie interne massive. Il m’avait battue, pour la première et la dernière fois.
Ce ne sont pas ses coups qui m’ont tuée.
C’est la culpabilité de l’avoir abandonné à ce moment là sans avoir pu leur expliquer à tous que
tout était de ma faute et qu’il n’y était pour rien. Je l’avais bien mérité, il faut savoir reconnaître ses erreurs.
Pardonne-moi mon amour, je t’en prie, pardonne-moi…


