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10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 20:16

Je pense qu'il faut tordre leur cou à certaines idées reçues, notamment celle qui prétendent que deux vraies jumelles doivent s'entendre à la perfection. Et bien, chez nous, ce n'était pas le cas, loin de là !

Bien que nous nous ressemblions parfaitement toutes deux (nous sommes grandes, élancées, la peau mate, une longue chevelure de jai que ma soeur s'arrangea rapidement en natte, pour qu'on puisse nous différencier plus facilement), nos caractères divergent à un point qu'on ne saurait imaginer. Je ne voudrais pas trop m'étendre sur moi, et puis, a-t'on vraiment le recul nécessaire pour le faire, mais le fait que nous soyons continuellement en guerre toutes deux, prouve à quel point nous somme dissemblables. L'une a pris tout du caractère de son père, c'est moi, l'autre,  c'est ma mère tout craché ! Elle est calme, réfléchie, posée, et ne prend jamais de décision sans avoir demandé l'avis des parents, des amis, et de tout son entourage ! Quand il a été question de sortir avec un garçon, elle m'en a longuement parlé, elle avait du scrupule à le faire en pensant que je me sentirais abandonnée et triste, moi qui, au même âge, n'avait eu aucune aventure et flirté avec aucun garçon !

A l'école, ma soeur travaillait très moyennement, surtout en primaire ! Pourtant elle était attentive 'et concentrée et ne bavardait jamais avec ses voisins. Mais, hélas pour elle, elle n'avait jamais de chance aux examens, elle tombait toujours sur la seule question qu'elle n'avait pas pas apprise ! C'est pourquoi elle décida d'interrompre rapidement ses études et de se lancer dans un travail manuel qui lui convenait bien : elle choisit la coiffure, car elle prenait des heures dans sa salle de bains à se pomponner, à se maquiller et la perspective d'une vie dans un salon à coiffer la clientèle lui plaisait  beaucoup.

Ce qu'aime  ma soeur, encore aujourd'hui, ce sont les petits plateaux-télé du dimanche soir, les promenades en soirée à "las tardes" (oui, j'ai oublié de vous dire que nous sommes espagnoles par notre père ) dans les rues de la ville, histoire de sortir le chien, un énorme bâtard du nom de catastrophe (!), les retraites dans un couvent tibétain une fois par an, afin, dit-elle, de se ressourcer et de décompresser un max, la philosophie boudhiste et les antiquités égyptiennes, sur ce point, nous nous rejoignons je l'avoue, mais ma soeur en fait un peu trop ! Par exemple, quand elle fait son jardin, elle épargne tous les vers de terre, sous prétexte qu'elle pourrait, d'un coup de bêche, couper en deux l'un de ses ancêtres, et pour une raison identique,  ne mange jamais le poisson du Nil appelé Inet, à la chair pourtant très délicate, car ce pourrait être la réincarnation d'un lointain membre de sa famille, et par voie de conséquence, la mienne. Je trouve ma soeur un peu superstitieuse, non ? Nous nous chamaillons très souvent sur ces points précis de ses religions favorites.

Ma soeur se maria tardivement avec un homme gros, laid, et sans instruction. Elle décida de ne pas avoir d'enfants, car les enfants, ça crie, ça hurle, ça empêche de regarder les bons programmes à la télé, surtout ceux du week-end. Elle s'inscrivit dans une salle de body building et s'y rendit très régulièrement, accompagnée de son mari qui décida de parfaire sa musculation, mais ce qui les brancha pas dessus tout, ce fut la natation synchronisée, à tel point qu'ils faillirent parvenir en finale à la sélection  des jeux olympiques de Barcelone ! Mais mon beauf avait mangé trop de chili con carne avant la compétition, ce qui le perdit, il eut un malaise en plein milieu du bassin et c'est un miracle s'il est encore en vie aujourd'hui !

Ce que je reproche à ma soeur, c'est de lire des revues qui ne développent guère son intellect, à près de 60 ans, elle lit encore "jeune et jolie", ça m'énerve et ce que je ne supporte surtout pas, c'est qu'elle croie à ce point à son thème astral. Et comme nous avons le même, eh bien, elle m'annonce toutes sortes de prévisions pour nous deux, nous devons rencontrer toutes les semaines le prince charmant, ce qui est ridicule puisque le prince charmant, elle l'a déjà à la maison (même s'il est chauve et pèse 120 kgs !) et  moi, elle sait bien que je l'ai  enfin trouvé aussi, c'est un homme jeune, beau, disponible, très attaché à moi, et qui me jure qu'il ne me quittera jamais.

 

Elle est pas belle, la vie ?

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs
10 octobre 2006 2 10 /10 /octobre /2006 19:53

J'étais une petite fille calme et attentive. Je pouvais rester des
heures assise à table sans jamais ouvrir la bouche. Tous les adultes
m'encensaient. Mes parents m'emmenaient sans crainte, j'étais cette
parfaite petite tête blonde. Blonde, ça oui je l'étais, comme les blés,
petite et menue, les trais aquilins avec de grands yeux bleus et un
sourire de porcelaine.

Enfant, j'étais une élève attentive, disciplinée et calme. Je me
souviens d'une fois où je promenais le chien. J'ai lâché la laisse et
Léo est parti telle une flêche à travers les bois. Je l'ai regardé
courir comme un fou mais je ne me suis pas affolée. Je suis retournée
calmement à la maison, analysant les trajets qu'il aurait pu prendre et
les endroits où nous avions l'habitude de nous promener. J'ai pris mon
vélo, et je suis montée quatre rues au dessus de la nôtre. Léo était là,
l'oeil hagard et le souffle court. Je suis descendue de vélo et me suis
penchée. Le petit caniche s'est jeté sur moi et je lui donné des
caresses de réconfort. Aucune réprimande, la leçon était déjà apprise,
il ne s'est plus jamais sauvé.

Adolescente, j'étais toujours été entourée par une ribambelle de filles.
J'ai toujours été une meneuse mais c'est à cet époque que j'en ai pris
réellement conscience. Excellente sportive, je faisais partie des
meilleures nageuses du collège puis du Lycée.
Je me souviens que le jour du bac d'espagnol, l'examinateur est arrivé
avec 3 heures de retard. J'ai du attendre presque cinq avant que cela
soit mon tour. Mon calme et ma maîtrise de moi m'ont permis d'être
parfaitement au point au moment de passer. L'examinateur lui même était
plus stressé que moi.

Aujourd'hui, je suis chef d'équipe dans une société. Je gère une dixaine
de personnes et je sais parfaitement que je n'ai pas que des amis. Mais
c'est le prix à payer quand on veut un travail de qualité. J'ai fait mes
choix, je n'ai ni mari, ni enfant. Je ne prend même pas le temps d'avoir
un animal. Mes amis sont ceux du travail.
Je passe mes soirées entre les restaurants avec des clients et les
boites de nuits avec les copains. Les hommes traversent ma vie comme mon
lit sans jamais avoir le temps de s'y installer ni même de me séduire.
On m'a toujours dit que dans la vie, c'est la situation sociale qui
prime par dessus tout et je pense que j'ai amplement réussi.

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs