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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 20:25

texte 1

Mathilde

 

Mathilde était rentrée de la fac comme tous les jeudis après midi. A peine arrivée près de l’immeuble, elle avait vu un attroupement, le gyrophare du SAMU et les voitures de police. Vaguement inquiète, elle approchait quand elle avait vu s’avancer vers elle la propriétaire du restaurant où elle avait coutume de retrouver sa mère pour dîner d’un gratin dauphinois ; pratique le soir quand on n’a pas envie de cuisiner. Le visage décomposé, elle l’avait arrêtée et lui avait annoncé avec des larmes que sa mère venait d’être d’un accident ; une voiture l’avait renversée et le chauffard avait pris la fuite. Mathilde l’avait regardée puis s’était dirigée vers les lieux mais les policiers ne l’avait pas laissée passer. Elle n’avait vu qu’un morceau du chemisier bleu ensanglanté de sa mère et les cheveux dénoués comme une auréole autour de sa tête. Plus tard, elle avait répondu mécaniquement aux questions du  commandant de police. Des tas des questions : profession de sa mère ? Où était son père ? Ses amis, les voisins etc.  Ce n’est que vers vingt deux heures qu’elle avait pu rentrée chez elle avec les effets de sa maman ; un immense chagrin au coeur. Elle s’était saisie du gros sac en cuir fauve et déchiré le fond de la doublure et décollé le bout de papier blanc.

Elle avait composé le numéro de téléphone inscrit. Au bout du fil une femme avait répondu mon fils n’a pas d’enfant… c’est un faux numéro. Peu importe elle avait tant insisté que le monsieur était venu répondre. D’abord il était tombé des nues puis …

Le lendemain, le monsieur, son « père »  s’était rendu chez Mathilde. Heureusement, elle était aux prises avec un homme qui s’était présenté comme officier de police et qui fouillait l’appartement de fond en comble. Tout était sans dessus dessous et la Petite vêtue et d’un jogging debout au milieu de la chambre, morte de frayeur ; on voyait les palpitations de son cœur à travers le tissu mince de son d’un long tee shirt. A l’interrogation muette de malfaiteur, Hugo avait déclaré être le père de Mathilde ce qui avait suscité l’hilarité puis la colère de l’inconnu. Néanmoins il avait fui voyant Hugo prêt à bondir. Ensuite, Hugo avait mis les choses au point ; il n’était pas son père et avait contacté la police. Celle-ci avait écouté la déposition de Hugo avec attention.

Mathilde avait été accueillie chez Hugo à bras ouverts par sa maman et la police avait fait le nécessaire.

Deux  malfrats avaient tenté de s’introduire chez Hugo n’ayant pas trouvé ce qu’ils cherchaient au domicile de Juliette mais la police était là pour les cueillir.

Mathilde était en fait la fille d’un délinquant notoire en relation avec des hommes d’affaires véreux. C’est pour cela que Juliette n’avait jamais révélé l’identité de son père à Mathilde mais le passé l’avait rattrapé. Alors que secrétaire du DRH  dans une entreprise de travaux publics, elle avait découvert des malversations financières, des trafic d’influence. Elle avait aussi vu son ex amant avec le chef du personnel. Maladroitement elle avait essayé de prévenir son patron en vain. Elle avait alors enregistrer le preuves sur une clef USB qu’elle avait toujours sur elle. Mais elle était inquiète. Puis le temps des soupçons était venu ; son Ex, conscient que Mathilde était sa fille avait exercé un certain chantage.

Juliette était partie en cure, avait rencontré Hugo Paléontologue et professeur à l’université. Ils avaient sympathisé et elle avait fini par se confier. Il avait promis de l’aider et pris en charge la clef compromettante.

Rentrée chez elle, elle avait parlé longuement avec sa fille.

Hugo et sa mère s’occupent de Mathilde avec une certaine tendresse pour cette Petite si courageuse. Elle vit dans l’appartement de sa mère avec un petit chat noir. malingre qu’elle a trouvé sur le balcon  de chez son « père » : ils étaient semblables tous les deux orphelins ;  aussitôt, ils se sont adoptés.

 

texte 2

Hugo

 

Il faut absolument que je vous parle de ma fille… Je suis Hugo et je suis paléontologue. Tout a commencé un soir…

Le téléphone avait sonné plusieurs, ma mère avait répondu puis était venue me chercher me racontant une histoire de fille qui prétendait que j’étais son père. J’étais déjà épuisé par une journée de travail ; d’abord les étudiants étaient particulièrement énervés et contestaient les travaux que je leur soumettais, ensuite ma collaboratrice nouvellement arrivée m’avait jeté le grappin dessus en essayant de m’aguicher avec son chemisier harmonieusement échancré certes, mais pas tombé de la dernière pluie, je lui avais causé deux mots du pays, et renvoyé ses analyses sur la datation d’ossements au carbone 14. Elle était partie en claquant les talons ; bref demain serait un autre jour. Ma mère, comme tous les jeudis soirs  dînait au restaurant avec son amie d’enfance donc j’étais rentré à la maison, avait grignoté un morceau sur le pouce et avachi sur le canapé, je  regardais défiler les images des infos régionales sans grand intérêt. Un grave accident … Une femme avait été renversée par un chauffard qui avait pris la fuite. La police sur place laissait entendre que c’était un assassinat et que l’enquête était confiée au SRPJ. Mon attention fut détournée par un chat noir venu d’on ne sait où assis sur le balcon ; le temps que je me lève il avait disparu.

Ma mère était rentrée en soupirant ; l’ascenseur était encore en panne, elle était montée pédibus jambis et elle avait des palpitations cardiaques. Elle avait juste dénoué son foulard de soie et repris son souffle quand le téléphone avait sonné. Je l’ai entendu dire qu’il y avait erreur mais elle avait fini par venir me chercher, me disant avec un large sourire que ma fille me demandait !

Une petite voix me dit : Je suis Mathilde, la fille de Juliette ; maman est morte cet après midi et elle m’avait dit de vous téléphoner s’il lui arrivait quelque chose de grave… Elle ne put terminer sa phrase tellement le chagrin l’envahissait. J’étais ému et je ne comprenais rien… Mathilde ajouta alors, je sais que vous n’êtes pas mon père mais c’est ce que maman ….  Je ne l’écoutais plus. La mémoire me revint : la cure à Eugénie la bains, cette jeune femme Juliette angoissée qui avait si peur pour sa fille avec laquelle j’avais sympathisé et qui m’ avais confié une clef USB.  Elle ne m’avait pas révélé la teneur des documents qu’elle contenait mais j’imaginais qu’ils étaient très importants et dangereux pour Juliette. J’avais mis la clef en sécurité dans mon coffre… J’ai discuté un moment avec Mathilde et lui promis de passer la voir le lendemain.

C’est en arrivant au bas de l’immeuble que je fut pris d’un mauvais pressentiment. Montant quatre à quatre les escaliers je découvris une pauvre petite chose apeurée, assez malingre au milieu d’un appartement dans un désordre innommable ; un mec mettant les pièces à sac à la recherche de quelque chose. Le sale type s’était présenté comme un policier et la petite confiante avait ouvert. D’un regard, il me demanda ce qui j’étais et quand je lui répondis avec aplomb que j’étais Hugo le père de Mathilde. Il avait alors bien rit puis s’étais mis en colère tandis que je me ruais sur lui ; il avait décampé vite fait en hurlant que le père c’était lui.

De suite, nous sommes allés voir le commandant chargé de l’enquête sur le meurtre de Juliette. J’ai porté plainte pour l’agression dont avait été victime « ma fille » et remit la clef USB. La police s’occuperait de tout.

Et c’est ce qu’elle fit. Plus tard, alors que ma mère avait accueilli Mathilde à bras ouverts, la police interpella deux individus dont le énergumène matinal.

J’ai continué à veiller sur Mathilde. Certes elle a dix huit ans et préfère vivre dans l’appartement de sa mère mais elle sait qu’elle n’est pas toute seule dans ces moments difficiles. Depuis peu, elle a récupéré le chat noir fugueur de mon balcon. Apparemment ils sont semblables, fragiles et orphelins ils sont  adoptés.

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs
29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 20:24

Non Adèle ne rêvait pas, elle venait de vivre un moment pénible et ne souhaitait pour rien au monde connaître plus cet individu ou un de ses semblables.

 Qu'allait t'elle faire ? tout raconter à la police?

 Cette soirée avait décidément très mal commencée. D'abord dans son restaurant préféré "au Bouton d'Or", puis son retour sous une pluie battante et son arrivée devant l'immeuble en feu, elle s'arrêta nette, stupéfaite et essouflée à cause des kilos superflus, et sentait les palpitations de son coeur s'accélérer.

 

 Depuis qu'elle avait repris du poids, elle ne rentrait plus dans aucune de ses robes et tous ses chemisiers étaient beaucoup trop petits.

 Comme à chaque fois qu'elle sortait, elle se dirrigea vers la chambre de sa mère, entra doucement et ouvrit l'armoire avec beaucoup de précaution de peur que celle ci ne cède sous le poids des vêtements.

 Elle décrocha le ceintre de la roble bleu à pois blanc, retira la ceinture qui sans conteste ne la mettait pas en valeur.

 Puis elle prit le grand foulard de soie assorti à la robe le noua sur ses épaules disgracieuses qu'elle retira aussitôt.

 

 Donald, le gros chat noir bien calé sur le lit s'approcha de sa maîtresse et joua avec le foulard dénoué et tout froissé.

 

 Adèle ne prêta aucune attention au jeu de ce gros matou, près du lit et comme à chaque fois qu'elle entrait dans ce lieu, elle regardait la photo du mariage de ses parents.

> Monique sa mère, à l'époque, au physique malingre et au sourire absent disparaissait devant la corpulence de Raymond, pas plus souriant.

> Non, se répétait elle chaque fois, ce mariage était une erreur, un "accident de parcours", Adèle le savait depuis longtemps et encore plus en ce jour maudit...

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs