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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 13:27

   " Je regrette, de m'être si longtemps - - - oubliée. "

 

Au solstice hivernale, mon coeur s'effrayait à quitter la misérable masure de mon âme, tapissé des multiples balafres de ma vie.

Pauvre intérieur de mon être multipare de la moindre émotion.

 

   " Comme ta présence, me manque! "

 

Je me souviens de nos longues discussions, tellement incapable d'accueillir ta tendresse. Toutes tes attentions délicates, pour me protéger des remarques désobligeantes des autres patientes, dont les problèmes d'ovaires me laissaient indifférente.

 

Je m'enfuyais, m'absentais de ce corps trop encombrant, cachant ma pensée dans une épaisse fumée impénétrable.

 

    " Tu savais, toi! " que c'était ma manière d'occulter la réalité des vivants, pour me sauvegarder des accointances si peu recommandable.

 

Ton diagnostic de thérapeute tomba comme un couperet :

destructurée- anorexique boulimique vomissante-et autiste profonde.

 

Mon indifférence du moment ne te choqua pas, car j'étais perdu dans mon monde maniaque d'habitudes trop bizarres, un peu ridicule pour le commun des mortels.

 

Tu t'es souvent découragée de mes longs silences équivoques résultant de mon passé d'assuétudes.

Dix neuf lamentables années à craindre la force, l'égoïsme, la rage qui avilit, détruit lentement l'être fidèle mais trop fragile.

 

Parmi nos nombreuses entrevues, mes incohérences nous opposaient.

Je n'acceptais pas tes certitudes thérapeutiques quand à mon mieux être, trop assujettie à ma douleur.

Mon mal de vivre était une transparence pour tous, sauf pour moi, qui sombrais.

 

Je me rappelle, ton chat qui miaulait derrière la porte de ton logis.

Une fois, tu l'as laissé entrer dans le salon.

J'étais sagement assise sur le canapé en cuir marron, quand il s'est installé sur mes genoux, en ronronnant.

 

Paralysée, osant à peine respirer. Mes larmes retenues à l'extrême enflammaient mon cerveau.

 

Tu vins t'assoir à mes côtés, me proposant de caresser l'animal.

Tétanisée, je refusais son contact comme je n'acceptais pas d'être touchée ou embrassée par quiconque.

 

Doucement, tu chassas le félin qui sauta avec légèreté pour vagabonder dans le reste de ta jolie maison.

 

    Je béni le jour où au carrefour de ma triste vie, j'ai posé les yeux sur toi, entendu ta voix.

 

    Toi, qui allais m'emmener dans ce long périple, de guérison à moi même - - -

 

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs
23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 13:26

Je ne suis pas du genre à effeuiller à tout vent mes problèmes intimes !

Et pourtant aujourd’hui, encore nullipare et au carrefour de ma vie,  

à l’approche du solstice d’été, qui préside au retour de la saisons des amours, je sens s’écrouler toutes mes certitudes et poindre mes incohérences de toujours,.

 

Le praticien qui me suit, un grand gris de Bourgogne, n’en finit pas de m’énoncer les avantages dont jouit notre espèce :

- Être à la fois et tour à tour, mâle et femelle, c’est la forme la plus complète de l’amour, la fusion cosmique que peu de créatures peuvent accomplir.

- Donner la vie puisque tel est notre destin, et posséder les gamètes des deux sexes, fécondantes et fécondables, quel accomplissement, que souhaiter de mieux. Nos instincts vitaux comblés, nous permettent tout à loisir de nous adonner aux arts et à la pensée et aux voyages…

 

Mon psy ne voit là de l'assuétude, une addiction à des pratiques me permettant de me singulariser pour qu'on m'aime!

Il se trompe, ce n'est pas le fruit de je ne sais quel comportement maniaque équivoque! Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours été comme cela. Je veux que l'on m'aime, certes,  j'ai besoin de tendresse, mais en tant que femelle !

 

D'autres me répètent que je ne connais pas mon bonheur: un logis assuré, un jardin paisible où je peux sans crainte continuer le périple de la vie. Obsédé par mes préoccupations existentielles, je n'ai plu goût à rien! Ma maison que je traîne lamentablement, est devenue une masure.

 

J’aimerais vivre ma vie dans la transparence et la sérénité, et ne plus redouter les quolibets des gens qui haïssent la différence de ceux/celles qui veulent sortir du rang.

 

Chat échaudé craint l'eau chaude! Regardez la balafre que m'a infligé mon dernier partenaire devant mon refus d'assurer pour lui le rôle de mâle. Comme l'énonce la sagesse populaire, il n'y a pas de fumée sans feu !

 

Mais, en dépit de tout,  je reste fidèle à ma conviction profonde.

Et bien que je n’aie pas d’accointance dans le milieu de la chirurgie plastique, je vais tout faire pour savoir si une opération, qui me rendrait ma dignité, est possible !

 

Désormais, j’envisage l’avenir avec calme et une grande légèreté d’esprit.

 

C’est ma part féminine, ce sont mes ovaires qui parlent. Je préfère les mâles.

 

Au royaume de la bisexualité rayonnante, je suis un "mono" comme ils disent…

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs