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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 17:03

Elle a poussé la porte du café en face de l’église

Un soir de Noel

Elle est entrée désespérée, trempée jusqu’aux os

Une jolie chair de poule hérissée sa peau

A partir de cet instant, je n’ai eu d’yeux que pour elle

Elle a commandé un thé à la réglisse

A sorti de sa poche, un mouchoir brodé

Pour essuyer son revissant minois

Elle ne m’a pas adressé un regard

Alors que d’habitude, solide comme un chêne

Je suis resté ébahi devant tant de beauté

Bouche bée, complètement pantois

Je suis devenu hagard

Mais elle semblait si lointaine …

Dans ma quatre-chevaux, j’aurai voulu la kidnapper

Nous trouver une maison abandonnée

Partir loin et n’aimer qu’elle.

Mais en cette soirée de Noel

Dans ce café en face de l’église

Elle a bu sa réglisse

S’est réchauffée et séchée

Puis s’est levée,

Je n’ai rien fait pour la retenir

Mais au dernier moment, elle m’a adressé le plus adorable des sourires

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs
6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 16:28

J’ai erré longuement dans la ville, sans prêter attention aux rues que j’empruntais, aux gens que je croisais, aux bruits, aux couleurs, il fallait encaisser, absorber, jamais de toute ma vie je ne m’étais sentie plus isolée ni plus insignifiante.

Soudain, je vis un immeuble en feu, des pompiers s’acharnant sur le brasier, une foule de gens paniquée, des badauds ébahis, j’entendais des cris.

Dans un élan vertigineux, je me précipitais sur le lieu du sinistre.

Délibérément, je me jetais dans l’entrée et, agissant dans le feu d’une routine bien huilée, je grimpais les escaliers à grandes enjambées, où, stupeur, personne ne me suivit.

Une sensation d’absurdité m’envahit alors, telle une ombre fantomatique, j’allais et venais dans les flammes, pénétrant des portes fermées, traversant des murs.

Je réalisais brusquement toute l’ampleur de ma nouvelle nature, immatérielle et insaisissable, j’étais morte.

Je me faufilais dans une pièce, l’air était irrespirable mais je ne suffoquais pas, une grosse fumée noire se déposait sur le sol et les meubles, l’endroit était lugubre.

Sur une planche, un soutien-gorge noirci par les flammes trônait fièrement sous un fer à repasser grésillant.

L’incendie a démarré à cet endroit ! Gloussais-je, gênée.

Mais ce qui semblait être une scène humiliante reposait sur ce canapé-lit, une femme en partie carbonisée serrait dans ses bras un violoncelle roussi dont les cordes avaient sauté sous l’effet d’une trop forte chaleur. Je reconnus là mon instrument tant chouchouté.

Le bâtiment s’embrasa puis s’écroula sous mes pieds absents.

J’avais une vue plongeante sur cette agitation qui se rendrait bien vite compte qu’il n’y aurait plus rien à faire pour ma dépouille. Je n’étais plus qu’esprit, spectre de mes illusions.

Je déambulais sur des trottoirs usés et blanchis par une multitude de pas éternellement perdus, je cherchais je ne sais quoi qui me rendrait une larme d’humanité, un semblant de présence, j’errais dans ma ville.

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs