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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 10:45

"- He, bêcheuse ! t'aurais quand même pu nous dire bonjour hier soir !
- Pourquoi t'as fait celle qui ne nous connaissait pas.... ?
- Ah ah ah! elle veut pas reconnaitre qu'elle sort en boîte.... comme
tout l'monde !!"

Voilà le genre de quiprocos qui se produisent, ma foi assez
régulièrement, avec certaines de mes connaissances.
J'ai des sosies partout.
Suis-je donc si quelconque ?
"Typée", c'est ça ?
Vous croyez ?
C'est gentil...

Je dois être un "type" de femme. Plusieurs modéles, sortes de
"reproductions" de ma petite personne, doivent se promener sur cette
vaste terre...

Sommes-nous neuf âmes semblables ?... une de ces bêtises que j'ai ou
lire ici ou là...
A en croire ces petites mésaventures répétées, nous sommes bien plus que
neuf !

Ou alors, j'ai mon petit sosie -  toujours le même - qui se balade dans
mon périmètre de déplacements habituels...
Oui, c'est ça, une autre grande brune frisée, dans le 92...

Et si c'était mon homonyme ? !
La fameuse qui me poursuit partout !!.
Depuis la maternelle... snif... nous étions deux Corinne
Dupont...snif... dans la même classe....
La maîtresse a eu cette idée de "génie" : j'étais Corinne Dupont " 2 " !
Arrrgghh ! Pourquoi, moi, la "deuxième" !!!!
Un truc qui me poursuit partout, depuis !
Jamais la première.
Toujours la deuxième roue du carosse si vous voyez c'que je veux dire...
Ah mes amis, croyez-moi, quelle croix !

Revenons à "l'autre", là .... elle est encore dans les parages, je le
sens, je le sais....
Elle m'a suivie jusque dans ma propre ville...

Mon dentiste a failli se tromper de dent l'autre jour !! Il avait pris
le dossier de cette garce !

A la banque, j'ai failli avoir un gros, gros problème de découvert :
encore elle ! Pour un malheureux chiffre mal déchiffré, la stagiaire
débutante de l'agence avait entièrement modifié le numéro de compte !!!
Une galère de plusieurs mois !!!!

Bien sur, je vous passe les : "On ne s'est pas déjà rencontrés quelque
part ?", demandés sur le ton sirupeux que vous savez....
Vous allez me dire : toute femme a connu ça ! c'est vrai. Disons que
moi, plus qu'une autre, peut-être, parfois même, sans arrière pensée...
Enfin ! De toute façon, cela ne m'arrive plus aussi souvent
qu'autrefois....(je ne suis plus de toute première jeunesse, si vous
préférez).....

Passons !

Je me console comme je peux...
En pensant par exemple à quel point " l'autre " en bave de ne pas s'être
pas mise sur liste rouge.....
Eh oui, la notoriété que voulez-vous, je suis " célèbre " dans ma petite
ville !! Beaucoup de mes élèves ont essayé, et essayent encore, de
m'appeler, pour une urgence, un empêchement de dernière minute, un petit
conseil, bref ! On essaye à tout hasard de me trouver dans le botin...
hi hi hi ... elle est constamment dérangée !!

Bien fait !

La dernière qu'on m'a racontée ?

Elle a pété les plombs :

"- J'en ai marre de la pianiste !! Allez au diable avec votre prof de
piano de malheur ! Demandez-lui son numéro à la fin !! Je ne suis pas
pianiste, j'ai horreur de la musique, foutez-moi la paix !!!"


Bof !
Maigre vengeance....

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs
8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 10:44

Je passe de paisibles vacances dans le village qui a vu naître mon

père. J'adore me promener à travers les paisibles ruelles étroites.
Au gré de mes promenades, je salue d'un petit hochement de tête, les
quelques habitants obstinés qui vivent encore par ici. C'est le bout
du monde pour moi. Je me faufile entre les vignes et je cueille
quelques fleurs sur les sentiers. J'entend au loin le clocher du
village, qui me rappelle qu'il est l'heure de rentrer.

Je rebrousse chemin, sous un soleil de plomb et au son des cigales.Je
regarde le ciel en rêvant, en gravant dans ma mémoire ce petit moment
de calme et de sérénité.

Je marche en direction de la maison de mon père. J'aperçois alors, au
détour d'une rue, un grand portail en fer forgé noir. Je bifurque et
me dirige vers ce portail noir. C'est l'entrée du cimetière.

Dans cette ruelle, je vois au loin, un viel homme assis devant sa
porte qui écoute du fado. Il me regarde fixement, d'un air un peu
hébété, comme s'il avait vu un revenant. Je pense : "C'est pas bon
pour toi papi d'habiter trop près du cimetière...". Je le salue en
passant devant lui. Il me fixe, et ça me met mal à l'aise. Je sens
son regard perçant dans mon dos. Vieux fou.

Je pousse la lourde porte du cimetière. La tombe de ma grand-mère est
au fond à droite. Il n'y a pas âme qui vive, c'est le cas de le dire.
Je déambule doucement en lisant les noms écrits sur les tombes. Je
m'arrête. Je suis là devant la tombe de cette grand-mère que je n'ai
pas connue. Elle est morte trop jeune dans les bras de mon père. Il
ne s'en est jamais remis. Il y a de quoi. Il avait onze ans.

Je suis perdue dans mes pensées, le regard fixe sur le médaillon avec
une photo en noir et blanc de ma grand-mère. Elle a l'air si jeune,
si douce. Je n'ai pas entendu ses pas, mais je sens sa présence. Le
vieux fou de tout à l'heure. Qu'est-ce qu'il me veut ?

Il me dit : - "Tu sais... Elle était gentille ta grand-mère. La bonté
personnifiée. Toujours souriante. On a grandi ensemble, au village.
J'ai eu un choc quand je t'ai vu tout à l'heure. Tu lui ressemble
tellement. Tu as le même sourire, le même regard. On a dû déjà te le
dire. Quel âge tu as ? -"J'ai 33 ans." -"Etrange, tu trouves
pas ? Ta grand-mère est morte le lendemain de ses 33 ans. Et toi...ça
va faire des années que tu n'es pas venue par ici. Tu viens voir la
tombe de ta grand-mère l'année de tes 33 ans. Drôle de coïncidence ?".
- "Oui... c'est bizarre."

Je papote un moment avec lui et je lui promets de revenir le voir la
prochaine fois. Pas si fou que ça l'Antonio.

Sur le chemin du retour, je repense à cette coïncidence. Je ne l'ai
pas connue et pourtant je me sens si proche d'elle. Par exemple,
j'aime depuis toujours les tissus à pois blanc. Robes, chemisiers, T-
Shirts, foulards... Tout y passe, et ce, depuis que je suis gamine.
Hier, justement, ma tante m'a montré des photos de ma grand-mère que
je n'avais jamais vues... ça ma fait un choc ! Ma grand-mère ne
portait que des robes à pois blancs. Etrange, non ? Les gênes peut-
être ? Demain, j'irai m'acheter un livre sur la psycho-généalogie,
chez le libraire du coin.

Je mettrai ma robe noire à pois blancs.

Le libraire va encore me dire que je ressemble à ma grand-mère.
Je ne vais pas m'en plaindre. Je sais au moins d'où je viens.

Published by Ecriture Créative - dans Textes des auteurs